Crée le
Communiqué de presse
Note 48
Cette publication propose une cartographie et une analyse comparatives des réglementations en matière de contrôle des loyers dans les 27 États membres de l’UE. L’analyse examine à la fois les plafonds applicables aux augmentations de loyer pendant la durée du contrat et les plafonds applicables aux loyers initiaux au début d’un nouveau bail, s’appuyant un cadre analytique original, qui rend compte de multiples dimensions réglementaires.
Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le plafonnement des loyers est redevenu un outil politique central face à la pénurie de logements abordables. Les réformes analysées révèlent l'importance croissante des contrôles de « seconde génération », qui limitent à la fois les loyers en début de contrat et les réévaluations périodiques.
L'analyse comparative montre une grande diversité d'approches selon les pays. Le plafonnement des augmentations en cours de bail est plus répandu et plus convergent : il repose sur des mécanismes d'indexation ou des indices de référence, couvrant généralement l'ensemble du secteur locatif privé avec des degrés de rigueur variables. En revanche, la réglementation des loyers initiaux est moins courante, plus hétérogène, et varie considérablement en termes de couverture géographique et de validité temporelle. Le modèle le plus fréquent plafonne les loyers initiaux sur la base de valeurs médianes du marché, mises à jour périodiquement.
Sur le plan géographique et temporel, la mise en œuvre est souvent fragmentée. La plupart des pays limitent les plafonds à des « zones de marché tendu » désignées localement, avec une durée de validité fixe et renouvelable. La durée limitée et la nature expérimentale de plusieurs mesures présentent les plafonds comme des dispositifs provisoires, ce qui interroge leur rôle structurel permanent.
Un autre aspect crucial concerne les exceptions pour travaux de modernisation, de rénovation et construction neuve. Ces dérogations visent à atténuer les effets négatifs sur l'offre et à encourager l'investissement. Pourtant, du point de vue des locataires, elles constituent des failles importantes permettant de contourner les plafonds. La couverture partielle (géographique et temporelle), combinée à des exceptions étendues, sape fondamentalement l'efficacité des contrôles.
Enfin, l'efficacité dépend crucialement de la transparence, de la surveillance et des mécanismes d'application. Les obligations de divulgation imposées aux propriétaires sont généralement solides, mais des exceptions majeures persistent, notamment pour les critères justifiant des loyers plus élevés au titre de travaux de rénovation.
Trois enseignements politiques finaux se dégagent :
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